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Provoquer la chance

Provoquer notre chance.

Steve Sample, dans son livre Devenir un grand leader, professe les vertus de l’apprentissage permanent. Dans le chapitre « Vous êtes ce que vous lisez », il défend l’idée qu’il a amélioré sa culture générale en lisant ou relisant les classiques. Selon lui « un livre lu depuis des siècles mérite qu’on s’y intéresse ».

Le Prince de Machiavel.

Toujours dans le chapitre cité plus haut, il défend l’idée que bien comprendre Le Prince de Machiavel peut aider un leader à bien accomplir sa tâche. Cependant, pour qu’il lui soit utile, il faut qu’il le lise sans préjugé, en faisant abstraction des « a-t-on dit ».

           

J’ai lu au moins quatre fois Le prince de Machiavel. A chacune de mes lectures, j’ai tiré une interprétation différente. Certainement les expériences acquises çà et là, les contextes dans lesquels je le lisais ont contribué aux conclusions différentes que j’en ai tirées.

La première fois que je le lus, Machiavel m’était antipathique, à cause de l’adjectif machiavélique utilisé à tort et à travers. Quand je le relus, je me rendis compte que beaucoup d’idées qu’il développait dans ce livre ont du sens.

Je professe les vertus de l’action, la chance doit être provoquée, et cela passe par agir.  Ce que dit Machiavel quand il écrit que « la chance compte pour 50% du succès de nos entreprises ». Il ajoute plus loin : « Je pense, au surplus, qu’il vaut mieux être impétueux que circonspect. » Je partage son avis : l’audace est plus payante que la timidité.

Le contexte est important

Souvent, la réussite et l’échec de nos actions dépendent du contexte. Deux personnes peuvent adopter la même stratégie et arriver à des résultats différents, tout comme elles peuvent adopter des stratégies différentes et parvenir aux mêmes résultats. « Je conclus donc que, la fortune changeant, et les hommes s’obstinant dans la même manière d’agir, ils sont heureux tant que cette manière se trouve d’accord avec la fortune ; mais qu’aussitôt que cet accord cesse, ils deviennent malheureux », écrit encore Machiavel dans Le prince.

           

La chance doit être provoquée. Une personne qui n’agit pas ne provoquera pas sa chance. Nous devons aller chercher ce que nous voulons. Cela passe par oser. J’ai observé que les choses deviennent plus faciles à réaliser dès que nous les entamons. Le monde semble vouloir nous aider si nous commençons à agir.

Commencer pour provoquer notre chance.

Aussi, le plus important est-il de commencer parce que si nous attendons, nous continuerons d’attendre. En commençant nous verrons que des solutions s’offriront à nous. De plus, agir, entreprendre et échouer ne sont pas déshonorants : nous nous en rendrons compte dans le futur, l’expérience engrangée accroîtra nos chances de réussir nos prochaines initiatives.

           

Cet article en est la preuve. Je n’avais pas de thème précis, je ne savais pas sur quoi écrire. Je me suis rappelé du livre de Steve Sample, de ce chapitre sur la lecture et ai décidé d’écrire là-dessus. Dans le livre Algorithms to live by, les auteurs – Brian Christian et Tom Griffits – défendent l’efficacité du hasard. Dans le chapitre Randomness – hasard -, ils citent Michael Rabin : « (…) le hasard est efficient, il marche ; mais pourquoi et comment est absolument mystérieux. »

Nous n’avons pas forcément besoin de tout analyser. Le mieux parfois – ou même souvent – est de nous en tenir au hasard, et ce hasard s’avérera la meilleure solution, bien des fois. Souvenons-nous de cela quand nous devons prendre des décisions. Nous n’avons pas besoin que tout soit parfait. Quand nous disposons de certains éléments, commençons à agir.

Le hasard compte dans la vie.

           

Si nous analysons notre vie, nous nous rendrons compte que le hasard y détermine beaucoup de choses : nous n’avons pas choisi nos parents, notre couleur de peau, notre pays de naissance. Un ami à qui une fille disait qu’il est vilain lui répondit : « je n’ai pas créé mon visage, je l’ai reçu à ma naissance. » Partant de cela, nous devons cesser de donner du poids aux choses que nous ne maîtrisons pas, que nous ne pouvons changer. Il ne sert à rien de ruminer sur notre visage, mais nous pouvons travailler notre physique et prendre de soin de nous.

           

Cette dichotomie, ce que nous contrôlons versus ce que nous ne contrôlons pas, doit être à la base de nos décisions. Agissons sur ce que nous pouvons contrôler ; si nous pouvons nous améliorer, entreprenons des actions pour cela, si nous pouvons combattre nos mauvaises habitudes, travaillons pour y parvenir. Ce que nous ne pouvons pas contrôler, n’y pensons pas outre mesure, acceptons-le.

           

La sérendipité est ce type de découvertes, d’inventions au hasard. Nous cherchions quelque chose, mais découvrons autre chose de plus révolutionnaire ou qui n’a aucun rapport avec notre sujet de recherche initial. C’est le cas du Post-it, découvert par hasard par deux chimistes de l’entreprise 3M, du désodorisant Febreze, inventé par un chimiste de Procter And Gamble, qui enlève toutes les odeurs sans laisser de traces – au cours de ses expériences, il utilisa le bêta-cyclodextrin qui neutralise les odeurs au point que sa femme lui demande s’il avait arrêté de fumer. Il eut l’idée d’en faire un désodorisant – ou encore Christophe Colomb pensant aller aux Indes et se retrouvant aux Amériques.

Il est nécessaire parfois d’adopter le laisser-aller, de ne pas toujours vouloir quelque chose, d’amener une dose d’incertitude dans notre vie. Nous serons rétribués par ces choses que nous découvrirons et que nous ne cherchions pas.

           

Rejeter la sagesse populaire, agir pour provoquer notre chance et laisser parfois le hasard déterminer nos actions, cela est contraire à l’idée qu’on se fait de l’homme rationnel. Mais comme le soutiennent Brian et Griffits, c’est parfois la solution la plus rationnelle. Le monde est complexe, et cette complexité ne cesse de croître, nous devons trouver les moyens de simplifier notre existence. Nous ne pouvons pas tenir compte de toutes les données. Tâchons de considérer les plus importantes, et surtout agissons. Le meilleur antidote à l’incertitude, à l’inaction est tout simplement l’initiative. Au fur et à mesure, les solutions viendront d’elles-mêmes.

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