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Optimisme sommet vision

Nous hisser et nous maintenir au sommet.

Je suis en train de lire le livre de Pascal Boniface, Le grand livre de la géopolitique. Une partie importante du livre porte sur la chute de l’URSS, et surtout les raisons qui l’entraînèrent. Comprendre ces raisons nous permettra d’éviter certaines erreurs, qui sont aussi possibles à un niveau individuel et comme l’URSS, pourraient contribuer à notre chute – c’est-à-dire conduire à l’échec de notre vie.

           

Au sortir de la deuxième Guerre Mondiale, l’URSS était auréolée de son statut de vainqueur et de résistant héroïque face à l’Allemagne nazie. Son prestige était immense dans le monde, et rétrospectivement en lisant des livres d’intellectuels de cette époque, ils parlaient d’une manière dithyrambique de l’URSS.

           

Le dogmatisme est une erreur mortelle, aussi bien pour les Etats, les entreprises et les individus. Quand la situation change, nous devons aussi changer, sinon nous serons englués dans un modèle qui ne marche plus. Cela n’est en rien de la persistance ou de la persévérance que continuer d’user d’un modèle révolu, mais de l’incapacité de sortir de notre zone de confort, de nous remettre en cause, de nous renouveler.

           

A une époque, les armes comptaient, le nombre de chars, d’unités de combat constituaient le principal symbole de la puissance d’un Etat. Staline avait raillé le Vatican un jour par ses termes : « Le Pape, combien de divisions (régiments militaires) » Cependant, ces unités de combat ne s’auto-créent  pas, elles doivent être créées et entretenues par l’économie ; ce que ne comprit pas l’URSS. Elle continuait d’investir une bonne part de sa richesse dans les armes et négligeait les industries civiles.

           

De plus, l’URSS était dirigée par des gérontocrates grabataires, le symbole en était Brejnev, longtemps malade, mais maintenu au pouvoir. Le système ne pouvait plus tenir, il était sclérosé, il avait besoin d’être secoué non par un simple vent, mais par une tornade. Il tombera de lui-même.

           

Si nous ne voulons pas subir ce qui arriva à l’URSS, nous devons apprendre à devenir flexible. Pendant longtemps, les neurologues pensaient qu’une fois parvenu à l’âge adulte, le cerveau cesserait d’évoluer, qu’il garderait une forme intacte. La bonne nouvelle est qu’il n’en est rien. Le cerveau est plastique, il conserve la capacité d’évoluer, il est dynamique plutôt que statique. Donc peu importe notre âge, nous pouvons changer. Reste à déterminer quelle direction prendra ce changement, une direction qui nous sera favorable ou défavorable.

           

Si nous restons englués dans des systèmes qui ne marchent plus, c’est par confort, habitude de pensée. Nous ne remettons plus en cause  ces schémas, nous devenons des automates qui réagissent à des stimuli. Nous agissons de telle manière, pensons de telle façon sans réfléchir pourquoi le faisons-nous. Toutes les décisions ne doivent pas faire l’objet de réflexion. Certaines doivent être automatisées parce qu’elles ne déterminent en rien notre vie. Nous devons nous brosser les dents le matin, prendre une douche. Ces décisions doivent continuer à être automatisées.

           

Cependant, d’autres qui détermineront nos choix futurs doivent être réfléchis. Mes amis se sont mariés, mes parents me disent que je dois me marier ne doivent pas nous pousser à choisir le premier venu. Ces décisions nous engagent et bien les prendre constituera un pas important vers notre bonheur futur.

           

Ce qui est arrivé à l’URSS en refusant de reconnaître que si le monde change, nous devons changer est une leçon que nous devons intégrer dans notre vie. En l’intégrant, cela nous évitera de ne pas être dépassé, de ne pas être obsolescent. C’est ainsi que nous serons proactif et prendrons les décisions idoines pour maintenir notre productivité. Cela nous évitera de voir les technologies comme des menaces et les percevoir plutôt comme des occasions d’accroître notre productivité, de sous-traiter les tâches rébarbatives et nous concentrer sur ce qui fait l’essence de l’homme : la capacité d’innover, de réfléchir, de développer la créativité.

           

Avons-nous pensé aux compétences que nous devons acquérir pour continuer à être productif ? Avons-nous réfléchi à ces choses à qui nous tenons, mais qu’abandonner améliorerait notre vie ? La vie est ainsi faite que le changement est permanent, nous devons être prêt à changer constamment, à remettre en cause nos certitudes. Héraclite a brillamment résumé cet état de fait : « Rien n’est permanent sauf le changement ».N’oublions pas que les orientations de l’URSS étaient taillées pour une certaine époque, mais pour l’époque qui venait, elles étaient inadaptées.

           

Cela peut aussi nous arriver si nous continuons à croire que les ingrédients de nos succès passés pourront nous permettre de réussir d’autres plats qui demandent des ingrédients différents. Je vais rester avec cette métaphore de la cuisine : certains ingrédients entrent dans la composition de beaucoup de plats, ce sont des ingrédients de base, d’autres sont spécifiques à certains plats. De la même manière, certaines attitudes sont fondamentales pour réussir : patience, persévérance, action, innovation, risque calculé. D’autres peuvent servir à une certaine époque et n’être d’aucune utilité à une autre.

           

Bien des entreprises ont commis les mêmes erreurs que l’URSS. J’en cite souvent deux emblématiques dans mes articles : KODAK et son refus de voir que la photographie argentique était en passe d’être détrônée par la photographie numérique, Blockbuster et son refus du streaming payant, ce qui permit à NETFLIX de le détrôner. Je peux citer des exemples de personnes qui ont refusé de comprendre que leur époque avait changé. Les Emirats Arabes Unis modernes sont l’œuvre du Cheikh Zayed, que sa famille préféra à son frère aîné Cheikh Shaqbut, parce que ce dernier vivait dans un monde qui n’existait plus, il ne s’apercevait pas que la famille royale et la population d’Abu Dhabi voulaient autre chose que l’ancien monde, elles voulaient la modernité, le confort que pouvaient leur amener les pétrodollars.

           

La faillite tend le bras à toute entité qui refuse d’évoluer. Le monde d’aujourd’hui, plus que celui d’autre époque, requiert l’agilité. Ce n’est pas le gros qui tirera son épingle du jeu, mais celui qui est prêt à changer, à évoluer le plus rapidement. Adopter une telle attitude nous permettra d’éviter de prendre le chemin de l’URSS. Certes, cela demande des sacrifices, de changer de schémas de pensée, mais c’est le choix à prendre pour nous hisser au sommet et nous y maintenir.

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