C H A R G E M E N T
blog banner
Vaincre la peur

La peur, qu’est-ce que la peur ?

Un rat avait peur des chats et cela le déprimait. Un magicien le prit en pitié et le transforma en chat. Sa peur ne disparut pas pour autant et changea simplement de nature : ce sont des chiens dont il prit peur dorénavant. Le magicien l’aida encore et le transforma en chien. Sa peur disparut-elle ? Non. Elle changea encore de nature. Ce sont des tigres dont il prit peur après sa transformation en chien.

           

Sans doute découragé, le magicien lui dit : « rien que je puisse faire ne t’aidera, parce que tu n’as jamais compris que tu grandissais. Mieux vaut redevenir ce que tu as toujours été. »

           

J’ai tiré cette histoire du roman de Paolo Coelho Adultère (Page 66, Edition Flammarion). Linda, l’héroïne, discutait avec une infirmière quand elle tomba sur cette histoire que je trouve adaptée à illustrer nos vies.

           

Est-ce notre histoire ? Cette propension à toujours chercher des excuses, à toujours vouloir attendre le bon moment avant d’agir. Sachons-le, le bon moment est maintenant. Les circonstances ne sont peut-être pas favorables aujourd’hui, mais c’est à nous de les rendre favorables en commençant à agir dès maintenant. Si nous nous mettons à toujours attendre, nous continuons d’attendre car le bon moment ne surviendra jamais.

           

Cette habitude de toujours chercher des excuses est l’un des plus grands facteurs d’échec. Personne n’a jamais eu un moment parfait. Tous – toutes – ont dû commencer petit, augmenté les conditions de réussite en agissant, aussi petites que furent les actions entreprises.

           

Cette histoire du rat illustre quelque chose de fondamental. La peur est normale. Mais se laisser dominer par la peur est anormal. Si nous attendons d’être fort pour cesser d’avoir peur, alors nous attendrons toujours. La peur ne disparaitra jamais. Et pendant que nous grandirons, inconsciemment, nous resterons petit car notre peur continuera de nous hanter.

           

Aussi devons-nous cesser d’être dominé par la peur, nous pouvons et devons la vaincre. Comment ? En agissant tout simplement. En disant à notre peur, je ne te donnerai pas le contrôle de ma vie car il m’appartient.

           

Je me suis rendu compte d’une chose de par mon expérience. Ce n’est pas l’incapacité, le manque de volonté qui font échouer, c’est plutôt ne pas croire à notre capacité de réussir. Prêtons-nous attention à comment nous nous parlons ? Nous encourageons-nous ou nous critiquons-nous ? Sommes-nous gentils ou méchants à notre égard ? Prenons-nous le temps de nous occuper de nous ou sommes-nous négligents envers notre personne ?

           

Si peu réussissent, c’est qu’ils choisissent systématiquement les deuxièmes options des questions précédentes. Il m’arrivait souvent de tomber dans ces travers. Il m’arrivait de me traiter de perdants, d’être critique à mon égard. Et je sais que je ne suis pas un perdant, que je n’ai aucune raison de me critiquer aussi méchamment qu’il m’arrive parfois de le faire. C’est l’un des aspects sur lesquels j’ai le plus travaillé au cours des dernières années. Je me parle plus gentiment, je me critique quand j’ai tort – mais c’est pour ne pas tomber dans la complaisance.

           

Nous devons prêter attention à ce phénomène, le stopper dès qu’il survient. Comment ? Recadrons notre perception de l’échec. Nous subirons toujours des échecs, nous tomberons toujours. C’est normal. Ce matin, je lisais un article de Peter Drucker dans la Harvard business Review. Cet article est intitulé Managing ourself. Une partie m’a marqué, quand Peter Drucker parle de l’inéluctabilité de l’échec : « Wherever there is success, there has to be failure. »

 

Intégrons cela dans notre schéma conceptuel de la vie. Faisons le serment d’apprendre de nos échecs et de nos erreurs et enterrons-les. Demandons-nous : est-il écrit sur notre visage que nous sommes un perdant ? Sentons-nous l’odeur de la défaite ?

           

Alors oublions le passé. Pardonnons-nous nos erreurs. Faisons-fi de nos erreurs et recommençons nos vies. Le passé n’existe que dans notre cerveau. Plus vite nous le comprendrons, plus vite, nous découvrirons les opportunités que nous tend la vie. Si nous lisons les biographies de personnes célèbres, puissantes, nous nous rendrons compte que toutes ont connu des revers et certains très retentissants.

           

Lors de la convention démocratique de 1988, Bill Clinton devait prononcer un keynote speech. Son discours était tellement insipide, long qu’il fut hué. Les observateurs prédirent la fin de la carrière politique du gouverneur d’Arkansas d’alors. C’était mal le connaitre. Il continua de s’améliorer et à l’issue de la convention démocratique suivante en 1992, il fut choisi candidat démocratique et gagna les élections à la présidence des Etats-Unis.

           

Qui se souvient aujourd’hui qu’il fut hué en 1988 ? Qui se souvient aujourd’hui que les observateurs prédisaient la fin de sa carrière politique ?

           

Nous aussi mettons de côté l’échec. Inévitablement, nous le subirons. Et même après notre réussite, nous le « re-subirons ». Cependant, que cela ne nous empêche pas d’agir. Que cela ne nous bloque pas. La peur en général et la peur d’échouer en particulier, ne sont que des illusions. Une fois que nous aurons commencé à agir, à l’affronter, nous nous en rendrons compte.

           

Ne soyons pas comme ce rat qui cherche constamment des excuses. Inspirons-nous de Moise quand il dut aller affronter le pharaon. Il avait peur, il voulait abandonner. Puis Dieu lui dit : « n’ait pas peur Moise, tu triompheras de Pharaon ». Eût-il laissé la peur le dominer et l’inhiber, il n’aurait pas affronté le Pharaon et ainsi parvenir à délivrer le peuple juif. Chaque fois que nous avons peur, n’oublions pas que d’illustres personnages de l’histoire ont eu peur également. Mais, ils l’ont domptée pour accomplir leurs réalisations. Nous aussi devrons procéder pareil. Ayons peur mais ne la laissons pas nous dominer. Domestiquons-la et agissons : notre réussite ne sera qu’une question de temps.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



%d blogueurs aiment cette page :