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jeunesse chance

Donner la chance à la jeunesse.

Cette fin de semaine, en allant chez le coiffeur, j’ai fait quelque chose que je dénonce souvent : ne pas donner sa chance à la jeunesse. Mon coiffeur était occupé, son assistant me proposa de me coiffer. Je lui dis non avant de me raviser parce que je me rappelai ce que je défends toujours : si l’on ne donne pas sa chance à une personne, comment pourrait-elle apprendre.


Donner la chance à une personne d’apprendre

Je me souviens qu’il y a bien des années, mon coiffeur était un simple assistant. La grande majorité de ceux qui venaient au salon de coiffure ne lui faisaient pas confiance. Aujourd’hui ces mêmes personnes attendent des heures pour qu’il les coiffe. Qu’est-ce qui a changé ? Il a acquis de l’expérience. Plus on fait quelque chose, mieux on le maîtrise.

Pour pouvoir faire quelque chose, il faut avoir la chance de le faire. Si personne ne nous accorde cette chance, nous n’acquerrons aucune expérience. Je lis toujours par curiosité les offres d’emploi. J’observe que les années d’expériences minimales qu’elles exigent des candidats sont déraisonnables et excluent la plupart du temps les jeunes. Je remarque aussi que les qualités qu’elles demandent ne justifient pas toutes ces années d’expérience requises pour y postuler.


On peut tout apprendre.

J’ai toujours pensé qu’une personne peut tout apprendre. Si je prends l’exemple de l’informatique, des années d’expérience ne veulent pas dire grand-chose parce que les langages et la technologie changent. Ces années d’expérience peuvent même être un handicap si la personne est rigide et n’est pas encline à se remettre en cause pour apprendre autre chose.

Aussi pensé-je que cette discrimination envers la jeunesse nuit à la créativité de l’entreprise. L’on dit souvent que la jeunesse apporte sa fougue, sa créativité. Bien des entreprises ont besoin d’être secouées, étant trop longtemps dans le confort. Les personnes qui les dirigent sont devenues rétives au changement et sclérosées. Des recrues extérieures sont nécessaires pour qu’elles se remettent en cause et comprennent la nécessité de changer pour ne pas disparaître.


Donnons la chance à une personne, et elle montrera ce dont elle est capable.

Je ne suis pas en train de dire que les tous les jeunes sont créatifs, et les personnes âgées ne le sont pas. Je ne pense pas cela. Je dis juste que donner sa chance à un jeune lui permettra de montrer ses talents et faire ses preuves.

L’un des dirigeants qui m’inspire le plus est Lee Kwan Yew, le Premier Chef de gouvernement de Singapour. Il devint Premier Ministre de Singapour à l’âge de 36 ans. Singapour connut sous son magistère une importante croissance économique qui lui permit de devenir un pays développé. Je ne crois pas que le développement d’un Etat dépend du seul Chef de l’Etat ou Gouvernement. Cependant je crois qu’une vision claire, des qualités de probité et d’honnêteté, l’exemplarité sont des prérequis pour qu’une population puisse se dépasser afin de développer un Etat. Lee Kwan Yew, malgré son relatif jeune âge, avait ses qualités.

J’observe tellement de pays africains où les mêmes personnes dirigent le pays depuis les indépendances. Ces personnes ont failli à leur mission parce que leurs Etats se trouvent dans une situation pire qu’avant leur indépendance. Pour autant, elles ne veulent pas quitter la scène et continuent de s’accaparer du pouvoir avec tous les privilèges. Pour ne pas aller loin, je prendrai exemple sur le Sénégal. La plupart des personnes qui sont à la tête des Institutions publiques ou dirigeants des sociétés publiques occupaient encore des fonctions étatiques il y a des décennies.

Je ne pense pas que ces personnes puissent apporter quelque chose au pays, et la meilleure chose qu’elles doivent faire est de quitter la scène publique. C’est là où la jeunesse doit prendre le pouvoir. Elle représente la grande majorité de la population sénégalaise. Elle vit dans des conditions précaires. Elle est aux faites des changements technologiques en cours. Elle est éduquée, et surtout patriote.


La jeunesse doit prendre en charge le destin d’un Etat.

C’est à elle de développer le Sénégal, de léguer un Sénégal meilleur aux générations futures. Le Sénégal est entré en 2001 dans la catégorie des pays les moins avancés – PMA. Cela est le plus grand échec de la classe politique : notre pays a tellement reculé qu’il fait partie de ce club des pays les plus pauvres. Le Cap-Vert y est sorti en 2007. Qu’a fait le Cap-Vert pour franchir ce cap ? Moins de corruption, plus de transparence.

Après tout cela, comment la classe politique peut-elle vouloir continuer de diriger le pays. Il y a quelques jours, circulait une vidéo sur les insultes d’une haute personnalité de l’Etat envers un député et un dirigeant de société parapublique. Je me suis demandé comment de telles personnes peuvent diriger le Sénégal ? Quelles visions développent-t-elle ? Comment se sont-elles retrouvées à ces positions ?

J’ai une explication : les personnes qu’il faut ne se présentent pas aux élections, elles sont de belles idées mais n’osent pas franchir le pays et proposer cette vision à la population sénégalaise. La jeunesse ne s’engage plus, peut-être par découragement ou dégoût. Or la situation du pays la concerne plus : c’est elle qui est le plus en proie à la précarité, c’est elle qui a besoin de faire sa vie, de se construire.


S’engager

Pour changer cette situation, elle doit réclamer sa participation à la gestion du pays. Elle ne doit plus être laissée en rade parce qu’elle représente la majorité de la population sénégalaise. L’avenir de ce pays c’est elle, aussi ne doit-elle pas la laisser à d’autres.

Il y a une dualité entre revendiquer et entreprendre des actions pour que ces revendications puissent trouver solution. Si l’on se contente de revendiquer, ça s’arrêtera à la revendication. Si l’on va au-delà, cette revendication pourra être solutionnée. Pour déboulonner la classe politique actuelle, il est nécessaire de s’engager, il ne faut pas s’arrêter aux belles idées de salon, il faut affronter la réalité du terrain. Sinon d’autres, moins brillants, moins sincères, occuperont les fonctions étatiques, avec comme but s’enrichir et enrichir leurs proches. Nous continuerons dans ce cas d’avoir un Sénégal qui s’englue dans la médiocrité et la pauvreté.


Je me rends compte que tout ce que je viens d’écrire s’applique à moi. J’ai relaté mon histoire avec coiffeur cette fin de semaine. Plutôt que de lui donne une chance, je versai dans le conservatisme. Ayons à l’esprit que donner sa chance à une personne, c’est lui permettre d’apprendre et ainsi pouvoir faire mieux et plus vite. Ensuite cette nécessité d’engagement : l’Etat appartient à tout le monde, chacun doit s’engager pour que le pays devienne meilleur. Le Sénégal ne peut plus être laissé entre les mains d’une classe politique qui n’a pas amélioré le quotidien des sénégalais. A nous jeunes de faire en sorte que le pays devienne meilleur et surtout que nous léguions un meilleur Sénégal à nos enfants et petits-enfants.