C H A R G E M E N T
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De transformer nos faiblesses en forces.

La théorie économique classique décrit les humains comme des êtres rationnels, qui prennent les meilleures décisions pour eux car ils savent ce qu’ils veulent. Cette vision est bien optimiste, à en croire les lamentations des hommes et des femmes à ne pouvoir se priver de la nourriture grasse, à ne pas pouvoir faire du sport comme ils le voudraient.


Accepter nos défauts et faiblesses et facilitons-nous la tâche pour les atténuer.

Les hommes et femmes doivent reconnaître leurs faiblesses, c’est comme cela qu’ils parviendront à y venir à bout dans le meilleur des cas, ou à atténuer leurs effets dans le pire des cas.

J’ai pris la décision de m’entraîner il y a de cela six ans. Auparavant, je faisais du sport sporadiquement, je commençais puis arrêtais ensuite recommençais. Depuis six ans, je m’entraîne au moins 4 fois par semaine. Pour y parvenir, j’ai adopté une stratégie qui me facilite la pratique du sport : mes équipements sont toujours prêts, je sais quelle partie du corps je travaillerai tel jour, je sais à quelle heure j’irai. En automatisant ces décisions, je n’ai plus besoin d’y réfléchir. Aussi libéré-je mon cerveau pour faire du sport et non gérer la logistique, que j’avais réglée déjà en amont.

Nos ressources sont limitées, encore plus nos ressources cérébrales. Nous devons comprendre cela pour ne pas en subir les conséquences. Nous devons nous concentrer sur les activités à valeur ajoutée et automatiser tout le reste. Par exemple nous pouvons toujours avoir nos équipements prêts plutôt que les chercher à la descente, un moment où nous sommes fatigués. J’ai oublié d’ajouter que la salle où je m’entraîne se situe à 2 minutes de marche de chez moi. Cela me permet, même les jours où je n’ai pas envie, d’y aller. Croyez-moi la décision d’y aller est magique : aussitôt que nous commençons, nous nous sentons mieux et nous disons qu’il aurait été dommage de rester à la maison.


Faciliter l’implantation de nouvelles habitudes.

Implanter une nouvelle habitude demande de nous donner toutes les chances d’y parvenir. Au début, la difficulté nous rebute et nous serons tentés d’abandonner très vite. Aussi devons-nous mettre toutes les chances de notre côté.

Pour lire et écrire, j’éloigne le téléphone, je le mets hors de ma portée. Quand le téléphone est près de moi, il est tentant de glander sur les réseaux sociaux : passer de WhatsApp à Facebook, en passant par LinkedIn et Instagram. Pour éviter ces tentations, je tiens à l’écart le téléphone pour pouvoir me concentrer.

N’oublions pas que la volonté est limitée, il est plus facile de s’éloigner des tentations que d’y résister. La preuve, nous dépassons toujours le temps d’utilisation du téléphone que nous nous sommes fixé. Nous nous disons que nous déconnecterons à 11h, il est 11h45, nous sommes toujours en train de surfer. La meilleure solution aurait été de laisser le téléphone hors de notre portée pour nous concentrer sur nos tâches.

Implanter une nouvelle habitude demande, encore une fois, de mettre toutes les chances de notre côté. Si nous voulons perdre du poids, nous ne devons plus acheter des nourritures qui nous font grossir, nous ne résisterons pas à la tentation. A un moment de la journée, notre capacité cérébrale aura baissé parce que nous sommes fatiguées, ce qui nous fera retomber dans nos vieux travers. Aussi est-il plus sage de ne pas laisser dans le frigo pizzas, glaces, pâtisseries.


Nous entourer des bonnes personnes.

Le corollaire de tout cela est qu’avoir à côté des choses qui facilitent l’atteinte de nos objectifs nous permettra de les atteindre plus aisément. C’est nous entourer de personnes qui nous tirent vers le haut, qui nous encouragent, qui nous inspirent et ont déjà atteint les objectifs auxquels nous aspirons.

Si je lis les mémoires et biographies de personnes qui m’inspirent, c’est parce que cela me permet de m’en inspirer. C’est grâce à eux que j’ai eu la certitude que l’échec est normal, qu’il ne faut pas en avoir peur ou en avoir honte. Aujourd’hui, je me rends compte que mes réussites les plus éclatantes sont les filles de mes échecs les plus grands.

Fréquentons ces personnes, ces lieux qui nous permettent de devenir la meilleure version de nous-même. En les fréquentant, nous commencerons à changer sans nous en rendre compte. Une compagnie est contagieuse, sachons-le, alors choisissons la bonne compagnie. A défaut nous serons toujours avec des personnes qui nous tirent vers le bas parce qu’elles sont cyniques, dépressives.


Accepter que nous sommes humains.

J’expliquais pourquoi je parviens à faire du sport, à lire et écrire. Ce n’est pas parce que je suis un surhomme, c’est parce que je me facilite la tâche. Je reconnais ma faiblesse en tant qu’humain et trouve les moyens de les atténuer. Si nous voulons implanter de nouvelles habitudes, trouvons des moyens de faciliter leur implantation. Eloignons-nous de ce qui nous empêche d’atteindre nos objectifs, à défaut ce sera un éternel cycle et une véritable stagnation : je commence, j’arrête.

Cela consommera notre énergie et nous fera douter. Le doute est le pire fléau car il nous prive de l’élan nécessaire pour réussir. Ne fanfaronnons pas, nous sommes des humains, nous sommes faibles, nous avons des ressources limitées, nous résisterons difficilement à la tentation. Aussi évitons les tentations, c’est plus sage et c’est plus propice pour atteindre nos objectifs.

Je lisais dans le livre Nudge, écrit par Thaler et Sustein, qu’il est plus facile d’épargner si nous faisons un ordre de virement permanent de notre compte-chèques vers notre compte d’épargne. C’est une décision que nous automatisons. J’ai procédé pareil, et me suis rendu compte qu’effectivement, c’est le meilleur moyen d’épargner. Si nous souhaitons épargner, faisons pareil. Choisissons un montant à épargner et demandons à notre banquier de faire des virements permanents. Nous ne serons plus pris dans le tracas d’aller aux caisses pour verser de l’argent dans notre compte sur livrets.

J’ai cité des exemples d’actions qui favorisent des habitudes saines. Tous ont un point en commun : elles facilitent la tâche pour l’implantation de ces habitudes. Nous avons des limites, nous devons le reconnaître. Aussi pour les atténuer devons-nous trouver des moyens de nous éloigner des vices, de nous rapprocher des vertus. En procédant ainsi, nous ferons de ces faiblesses des forces pour atteindre nos objectifs. Cela mérite un essai !