C H A R G E M E N T
blog banner
IGE COUR DES COMPTES

Contrôler nos gouvernants pour un État sénégalais plus efficace.

Commun que des médias évoquent des personnes devenues soudainement riches après avoir été nommé à des fonctions étatiques. Quand nous sommes nommé ou élu à une fonction étatique, quelques temps après, nous acquérons un parc automobile fourni et plusieurs maisons, il est naturel que des questions se posent.  Légitimement, ceux qui gèrent les fonds publics doivent justifier l’utilisation qu’ils en font. Donc, la population a raison de vouloir savoir comment sont dépensés ses impôts.        

Au Sénégal, chaque nouveau pouvoir, après une alternance, veut des explications sur les caisses de l’État trouvées vides. La gestion inclut le contrôle, une de ces quatre fonctions. Ceux qui sont ou ont été au pouvoir se voient confier uniquement la direction du Sénégal : le peuple ne leur offre pas un cadeau utilisable à leur guise.

Aussi ces audits ne doivent-ils pas avoir des motivations politiciennes. Ils doivent s’inscrire naturellement dans le mode de gouvernance. Ainsi, il est normal d’investiguer et trouver  la réponse à la question: comment notre argent est et fut géré. Si cette gestion fut corrompue, notre argent doit être récupéré et injecté dans les caisses de l’État.

Demain, ces audits permettront de corriger les dysfonctionnements d’hier dans l’utilisation des fonds publics. Nos ressources sont insuffisantes et nous les complétons avec des emprunts et l’aide extérieure. Qu’arriverait-t-il si elles sont détournées à des fins privés? La santé se retrouvera pénalisée, l’éducation retardée, la dette augmentera et aussi les intérêts que nous paierons. Détourner des fonds publics freine notre développement: les bénéfices qu’en tire une petite minorité diminuent les investissements utiles et les dépenses nécessaires pour la majorité.

Aujourd’hui, nous devons trouver des outils pour combattre définitivement ce fléau. Il ne suffit pas d’être réactif. Il faut agir à la base pour que cela n’arrive plus. Ces pratiques négatives de gestion doivent-être bannies et remplacées par une utilisation intègre de nos ressources.

Au Canada, les médias et la population ont le droit de demander des comptes à leur gouvernement, et ce dernier a l’obligation d’y répondre. Si au cours d’un voyage, un ministre dépense des fonds exagérément, il se retrouvera sur la sellette. Alors, gare à celui qui transgressera. Il y a quelques années, il y eut le scandale des frais de service des députés anglais. L’investigation des journalistes dénonça certains députés qui utilisaient l’argent public abusivement, ils durent payer.

            Voilà des solutions d’ailleurs pouvant nous inspirer.

Les journalistes ont un rôle à jouer: éplucher les comptes et dénoncer ceux qui les utilisent frauduleusement. Un président des États-Unis avait dû démissionner parce que des journalistes dévoilèrent ses abus de la loi. Les médias ne sont pas surnommés « le quatrième pouvoir » gratuitement. Ils ont la responsabilité d’informer la population avec pertinence. Parmi cela, nous informer comment est utilisé notre impôt.

Aussi, utiliser de meilleurs outils de contrôle. Les IGE ou la cour des comptes doivent être indépendantes afin de fonctionner librement. Elles ne doivent pas juste épingler quelqu’un qui a un différend avec le pouvoir. Elles doivent avoir la possibilité d’indexer quiconque agit d’une manière non conforme. Au Canada, la vérificatrice générale fit tomber un gouvernement en divulguant le scandale des commandites. Au Sénégal, elles ne doivent pas hésiter à dénoncer un responsable non intègre avec nos fonds: c’est leur fonction.

Nous devons obliger les pouvoirs élus à intégrer dans leur conduite que notre impôt ne sert pas à l’enrichissement personnel: cela passe par leur demander des comptes. Agir au départ est plus efficace que réagir après les méfaits. Obligatoire, le Sénégal doit disposer de contre-pouvoirs solides tels les journalistes ou les vérificateurs. Et, ils doivent jouer leur rôle avec indépendance afin d’être efficace. Nous disposons de ressources limitées. Ne nous enfoncerons-nous pas si elles sont utilisées illégitimement?