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Moussa Sylla

Comment les managers peuvent-ils aider leurs entreprises et collaborateurs à progresser ?

On oublie presque toujours qu’une entreprise, en dépit de la personnalité juridique, est une fiction. Elle n’existe qu’à travers les hommes et femmes qui la dirigent, qui la font fonctionner. Nous travaillons pour une entreprise mais sommes dirigés et encadrés par des hommes et des femmes. D’où l’importance qu’elle dispose d’un management performant. C’est tellement vrai qu’un adage dit qu’on ne quitte pas une entreprise mais son manager. Un manager doit comprendre cela, à défaut il risque de perdre son équipe, soit par démission ou par démotivation.

Voir au-delà des seuls actionnaires

Une entreprise doit atteindre ses objectifs, verser des dividendes à ses associés et actionnaires. La théorie classique lui assigne le rôle « de maximiser la valeur pour ses actionnaires ». Cette théorie est vivement contestée parce qu’il n’y a pas que les actionnaires : il y a d’autres parties prenantes comme les employés, la communauté en général. De plus en plus, on passe des shareholders – actionnaires – aux stakeholders – parties prenantes.

Une entreprise qui se fixe uniquement comme mission d’augmenter la valeur pour ses actionnaires est une entreprise peu inspirante, qui ne motivera pas ses employés. C’est une entreprise qui prendra des mesures très laxistes concernant la sécurité de ses employés et l’environnement. Aussi s’exposerait-t-elle plus que l’entreprise qui avait à cœur la sécurité de ses employés et l’environnement, si des accidents survenaient. Le scandale que cela entraînerait ternirait sa réputation, qui est son actif le plus précieux.

Une entreprise est une fiction

Les entreprises doivent changer de paradigme. Je l’écrivais plus haut, une entreprise est dirigée par des hommes et des femmes. Si ces derniers ont une conception erronée ou étroite du management, l’entreprise agira tel et courra au désastre. Il est important de promouvoir, de recruter, de former des managers qui ont à cœur les intérêts et de l’entreprise et des employés, des managers qui ne penseront pas juste à leurs intérêts mais aussi ceux de ses collaborateurs.

Admettre les erreurs, les tolérer

C’est un manager qui tolèrera les erreurs parce que comprenant qu’elles permettent de progresser. Quand les managers tolèrent les erreurs et échecs, l’entreprise est plus transparente et innovante. On loue souvent Google pour ses réussites mais on oublie de citer ses échecs comme Google+. Mais parce qu’elle permet à tous ses employés de pouvoir expérimenter, échouer et en apprendre, elle connaît plus de réussites que la majorité des entreprises.

En tant que manager, quelle est notre attitude quand un de nos collaborateurs commet une erreur ? Le critiquons-nous ? Lui disons-nous qu’il est stupide ou idiot ? Lui demandons-nous que peut-il apprendre de cette erreur et comment faire pour qu’elle n’arrive plus ? Les entreprises qui prospèrent adoptent la troisième attitude : elles encouragent leurs employés à commettre des erreurs afin de progresser, elles les incitent à prendre des risques afin que l’entreprise soit plus innovante. Elles connaissent peut-être plus d’échecs mais aussi plus de succès que les entreprises timorées qui n’échouent pas parce qu’elles n’osent pas.

Accepter des points de vue différents

C’est un manager qui comprend que chaque collaborateur a sa manière de voir les choses et qui fait sienne de cette pensée d’Antoine de Saint-Exupéry : « Si tu es différent de moi, loin de me léser tu m’enrichis ». Une personne ouverte sait que la différence enrichit et l’encourage. Un manager ouvert encourage le débat, accepte la manière de faire hétérodoxe de ses collaborateurs parce qu’elle sait que cela augmentera la créativité de l’entreprise.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de management participatif, d’inclusion, de diversité. Cela ne doit pas être seulement des mots mais des actions concrètes que l’entreprise doit implanter. Elle y gagnera : une entreprise diverse sera plus créative et innovante car elle prendra en compte divers points de vue lors de ses prises de décision. Un manager doit accepter qu’on conteste ses idées, qu’il n’aura pas toujours raison. Il doit s’en réjouir parce que cela veut dire qu’il a des employés qui ont du caractère, qui sont engagés : un signe de vitalité d’une entreprise.

Avoir une opinion différente de celle de son manager ne veut pas dire qu’on conteste son autorité ; cela veut simplement dire que les points de vue diffèrent, et que chacun a la possibilité d’exprimer librement et sincèrement ses pensées. A défaut, ce sera une entreprise où les décisions ne seront pas appliquées parce que les employés n’y ont pas été associés, par conséquent n’y adhèrent pas.

C’est un manager qui aide les collaborateurs à grandir. J’expliquais plus haut pourquoi il est important de commettre des erreurs, de pouvoir exprimer son opinion. Quand nous commettons des erreurs et les corrigeons, nous nous améliorons car nous en tirons des leçons. Il y a quelques années, j’avais acheté un livre sur les fautes fréquentes en français. Quand je commençai à le lire, je me rendis compte que je méconnaissais moult règles, et pour une personne qui écrit, je me devais d’y remédier. Je continue de lire ce livre et en apprends davantage.

Aider les collaborateurs à progresser.

L’erreur sert à cela : confronter notre opinion à la réalité, et il arrive que notre manière de faire soit erronée, nous la corrigeons et progressons. Si nous le faisons souvent, nous avançons plus rapidement. Cela suppose de commettre des erreurs et que l’entreprise où nous travaillons, le considère comme un moyen de progresser. A défaut, nous resterons dans notre zone de confort sans faire des erreurs mais sans progresser, ce qui est fort dangereux. Ce sont toutes ces entreprises qui ont toujours fait la même chose, l’ont toujours bien fait, mais ont oublié que le changement est obligatoire si elles veulent continuer d’être performantes.

Les personnes qui dirigent une entreprise exercent une grande influence sur les collaborateurs, d’où l’importance qu’elles comprennent que leur manière de faire déteint sur eux. Aussi doivent-elles poser des actes qui aideront l’entreprise à devenir et demeurer compétitives : c’est encourager l’erreur, inciter à prendre des risques, accepter les opinions diverses. C’est une entreprise qui connaîtra plus d’échecs que la moyenne mais sera une plus compétitive, plus créative, permettra à ses employés d’être plus épanouis. Cela la protègerait mieux que si elle restait dans sa zone de confort afin d’éviter erreurs et échecs.