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Comment les crises rendent personnes et nations plus fortes et résilientes ?

Il arrive parfois que la vie nous teste au moment où nous nous y attendons le moins Ces tests peuvent prendre différentes formes. Pour certains, c’est la perte d’un être cher ou de son emploi, pour d’autres, une maladie. Les Nations aussi peuvent subir des épreuves : ça peut être une guerre, une catastrophe naturelle, une pandémie – la COVID en 2020 … Pour survivre à ces crises et prospérer, il est nécessaire de développer la résilience, car elles révèlent souvent des opportunités.

Ann Kaiser, dans son livre Coming back : rebuilding lives after crisis and loss, explique que la manière de réagir à une crise préfigurera notre vie d’après. Elle soutient que les personnes répondent de trois manières à une crise : certaines seront traumatisées à vie, d’autres reprendront une vie normale, une troisième en fera une opportunité pour revenir plus fortes (elles ont le caractère du phénix : elles renaissent de leurs cendres, plus fortes).

Après la seconde Guerre Mondiale, les pays qui furent les plus touchés, qui subirent le plus de dégât, furent ceux qui connurent les plus fortes croissances économiques. Deux exemples emblématiques : le Japon et l’Allemagne. Cette crise fut l’occasion de rebâtir leurs pays sur de nouvelles bases. La destruction de leurs territoires les obligea à reconstruire entièrement leurs pays.

Il arrive même que les crises soient salutaires. Les humains tombent vite dans le conservatisme ou le confort. Leur succès d’alors leur fait oublier qu’il est obligatoire de se réinventer, d’innover. Il ne voit pas que le monde change, tellement ils se complaisent dans leur situation, qu’ils pensent éternelle. Aussi une crise est-elle salutaire : elle leur rappelle que la réussite n’est jamais acquise, que ce qui était valable hier peut ne plus l’être aujourd’hui.

L’Angleterre fut le principal foyer de la Première Révolution Industrielle. Elle en était le précurseur, ce qui lui permit de devenir la première puissance mondiale. Cependant, il est en général plus facile de bâtir à partir du néant que de changer les plans après-construction. C’est ce qui arriva à l’Angleterre. Elle rata le coche de la Deuxième Révolution Industrielle. L’Allemagne, les Etats-Unis en profitèrent pour changer la structure de leur économie et devenir plus compétitifs.

           

Même si tout semble stable, nous ne devons pas oublier que cette stabilité n’est qu’une illusion. Le monde changeait déjà hier, il change encore plus aujourd’hui, ce dont nous devons toujours garder à l’esprit. Une crise est un bon moyen de nous le rappeler. A défaut nous nous engluerons dans le confort, qui est le moyen le plus rapide de nous conduire à l’échec. Maintes entreprises, qui refusèrent le changement, l’ont appris à leurs dépens, en tombant en faillite.

Le succès nous fait verser dans la suffisance, il nous fait prendre le succès pour acquis. Une erreur manifeste. Je suis en train de lire Histoire des peuples Arabes, un livre de Bernard Lewis. Les Arabes, à l’avènement de l’Islam, dominèrent leurs voisins – Perse et Byzance – et devinrent la puissance dominante dans le monde. Cependant ils arrêtèrent d’innover et s’engluèrent dans le conservatisme. Les mongols détruisirent l’empire arabo-musulman en 1258, qui vécut ensuite sous le joug des turcs-ottomans avant d’être colonisé par les puissances occidentales.

           

Je pourrais continuer de citer des exemples de comment se relâcher entraîne la chute d’une personne ou d’une entité.

           

Pour revenir sur les crises, j’écrivais plus haut qu’elles nous permettent de faire mieux. Une crise nous change, change les Nations. Elle nous fait réinterpréter la vie et revoir nos priorités. Les Nations en tirent des leçons ; elles prennent conscience que les choses doivent changer, que le monde d’avant ne peut plus continuer. C’est après la crise des années 30 et la Seconde Guerre Mondiale que l’idée de la sécurité sociale, de la régulation bancaire ont été mises en œuvre et généralisées.

           

Les gouvernements comprennent que pour que pareille tragédie ne survienne plus, ils doivent prendre des mesures fortes. Si je prends l’exemple du Sénégal et les leçons à tirer de la COVID, le gouvernement doit se rendre compte que la politique de logement ne marche pas, elle doit changer : c’est ce qui empêcha principalement d’imposer le confinement. Aussi doit-elle mettre en place des mesures pour que les sénégalais puissent loger d’une manière décente. En outre, elle doit prendre conscience que le transport public est désastreux au Sénégal. Les bus sont bondés, circulent à fréquence irrégulière.

           

C’est le moment de corriger tous ces problèmes pour améliorer la qualité de vie des sénégalais.

           

Ce sera aussi l’occasion d’améliorer le système sanitaire du Sénégal. La santé est une condition nécessaire, même si insuffisante, pour développer un Etat. Les agences et institutions inutiles doivent être supprimées, et les économies réalisées investies dans le système sanitaire. Un homme d’Etat doit penser à sa population plutôt qu’à sa prochaine élection. C’est penser à la population qui fera qu’il gagnera facilement les élections.

           

Pour tirer profit des opportunités qu’offre une crise, il est nécessaire que nous développions une résilience. Nous ne devons pas oublier que la vie est imprévisible, que nous ne pouvons pas tout prévoir. Les choses ne se dérouleront pas comme nous le souhaiterions. Il arrive qu’un événement survienne et change notre vie. C’est la perte d’un être cher – pour moi, c’était celui de mon papa -, une maladie, un changement de situation. Préparons-nous à cela.

           

Une fois que nous y sommes préparés, nous serons plus forts pour l’affronter et y venir à bout. Quand nous y viendrons à bout, nous aurons une autre perspective sur la vie. Nous ferons les choses différemment et mieux. Nous nous rendrons compte que nous avions des ressources insoupçonnées, que nous sommes plus forts que nous le pensions. Rien ne vaut une crise pour révéler tout notre potentiel.

           

Pourquoi ai-je écrit plus haut que nous sommes toujours plus forts que nous le pensons ? Parce que Les circonstances parfois nous empêchent de découvrir notre potentiel. On dit des grands leaders qu’ils se révèlent lors des crises : c’est Churchill face au défi de l’Allemagne nazie, Mandela après les 27 années passées en prison. Ces crises réveillent nos talents enfouis, qui ne demandaient qu’à éclore.

           

Quand nous vivons une période difficile, interprétons-la comme un moyen de nous améliorer. Cette période difficile révélera toute notre capacité de rebondir, de faire les choses mieux et différemment. Lorsque le Japon capitula en 1945, ses habitants transformèrent leur patriotisme, non en attaquant leurs voisins comme jadis, mais en instruments pour obtenir leur indépendance financière et devenir une grande puissance économique. Certainement que nous faisions des choses d’une manière qui ne contribuait pas à l’atteinte de nos objectifs, une crise est l’opportunité de corriger tout cela. Aussi n’est-elle pas une malédiction mais une occasion de nous améliorer.

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