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L'art de la niaque

Comment la niaque et la persévérance permettent d’atteindre ses objectifs ?

Si aujourd’hui nous évoquions les raisons de la réussite d’une personne, la plupart d’entre nous dirions qu’elle est talentueuse. Nous répondrions comme si le succès de la personne est survenu instantanément, qu’elle a surgi de nulle part, du jour au lendemain. Si nous posions la même question à la personne, elle dirait qu’elle avait des doutes, qu’elle a persévéré, connu des échecs et très surprenant, elle ferait la confidence qu’elle n’était pas talentueuse, mais a maîtrisé ce qu’elle fait à coup de travail acharné et patient.

           

Angela Duckworth est l’auteure du livre L’art de la niaque. La niaque est la persévérance, la volonté de se dépasser, de devenir la meilleure version de nous-même. C’est cette niaque qui fait la différence et sépare les personnes talentueuses qui ne deviendront pas excellentes de celles qui n’avaient pas spécialement beaucoup de talent mais se sont hissées au sommet, à force de travail.

           

Le mindset – état d’esprit – définit l’attitude d’une personne devant les situations de la vie ou son opinion d’elle-même. Certains pensent qu’ils ne sont pas capables de changer de vie, croient que leur situation est une fatalité : ce sont des personnes avec un fixed-mindset. D’autres par contre croient que tout problème a une solution, que toute situation, aussi désespérée soit-elle, peut être résolue, qu’ils peuvent s’améliorer et devenir meilleur : ce sont des personnes avec un growth-mindset.

           

Cette théorie a été popularisée par le psychologue Carol Dweck. Au-delà d’une personne, ce concept de mindset peut être appliqué aux entreprises et à ses directions et services, aux Etats. Croire que le sous-développement est une fatalité entraînera que notre pays stagnera, sera englué dans le sous-développement et fera partie de ces Etats qui quémandent de l’aide. Croire que oui, aujourd’hui, notre Etat est pauvre, qu’il manque de tout, mais que la situation peut être changée par le travail, la frugalité, fera que les habitants fourniront les efforts nécessaires pour améliorer leur sort et celui de leur Etat.

           

Ai-je besoin de rappeler comment les dragons et bébé-tigres asiatiques sont passés d’un dénuement à puissance mondiale ? Ce sont leurs hommes et femmes qui ont réussi à changer la situation, pas les matières premières. Si aujourd’hui, notre entreprise fait face à des difficultés, reconnaissons-le, acceptons-le : le déni aggravera la situation. Mais pensons aussi que cette situation n’est pas irréversible, que nous pouvons la changer. Dans son livre Good to great, Jim Collins parle de ces entreprises autrefois médiocres mais qui, en quelques années, sont passées à performantes sans changer de personnel. C’est le mindset qui a changé : nous pouvons y arriver, notre entreprise sera performante.

           

Cela me rappelle une anecdote sur Luis Aragones, le sélectionneur de l’Espagne lors de l’EURO 2008. L’Espagne était une belle perdante. Sur le papier, elle avait toujours la meilleure équipe, de brillantes individualités qui évoluaient dans les meilleurs clubs d’Europe et qui y étaient performantes. Mais à chaque compétition internationale, l’Espagne décevait en étant prématurément éliminée. Elle devait rencontrer l’Italie en quarts de finale. Luis Aragones dit à ses joueurs avant le début du match : « si vous pensez que vous perdrez le match, ce n’est pas la peine de le jouer, vous le perdrez. » L’Espagne battit l’Italie aux tirs au but et gagna l’Euro puis le mondial deux ans plus tard.

           

La pensée fait toute la différence. Si nous pensons que nous méritons une situation médiocre, nous resterons dans cette médiocrité, nous vivrons comme des zombies sans but, sans objectif. Mais si nous pensons que les ressources sur terre sont suffisantes pour que chacun puisse en prendre sans léser les autres, si nous acceptons de fournir des efforts et persévérons, notre vie deviendra meilleure. Nous ressentirons le frisson d’avoir un objectif et d’essayer de l’atteindre.

           

Ne l’oublions pas, ce qui nous sépare de nos buts est la compétence, et la compétence, nous pouvons l’acquérir. Le growth-mindset nous apprend que nous pouvons apprendre et que nous devons apprendre. L’intelligence, le courage, la persévérance ne sont pas fixes, ils peuvent être développés par la pratique. Quelles actions pouvons-nous entreprendre aujourd’hui pour changer notre vie ? Que devons-nous changer dans notre vie pour qu’elle devienne celle à laquelle nous aspirons ? Qu’est-ce qui nous empêche d’atteindre nos objectifs ?

           

Une fois que nous répondons à ces questions, nous pouvons commencer à agir, agir pour changer notre vie.  Agissons comme ces pays asiatiques qui avaient compris que le sous-développement n’est pas une fatalité, que par leur travail, ils parviendront à changer la situation de leur pays. Inspirons-nous d’eux, notre situation actuelle n’est pas une fatalité, nous pouvons la changer par notre travail et notre persévérance.

           

Angela Duckworth donne l’exemple de nombre de célébrités qui ont persévéré pour percer. Leurs entourages leur disaient qu’elles n’étaient pas capables, qu’elles feraient mieux d’abandonner. Mal leur a pris. Elles n’ignoraient pas qu’elles n’étaient pas talentueuses, mais qu’avec le growth-mindset, elles pourraient changer leur vie et atteindre leurs objectifs. C’est ce dont je parlais plus haut : la perception du comment de la réussite diffère selon que la personne la décrit ou qu’une personne extérieure la décrit. La réussite instantanée n’est pas de ce monde, il faut mériter la réussite, et cela requiert un travail acharné, constant.

           

La passion de ce que nous faisons, la volonté de nous surpasser font la différence. Elles font que certaines personnes, d’une manière inattendue, se hissent au sommet. Inattendue est un mot inapproprié, les humains ont tendance à valoriser davantage le talent, qui est un atout mais simplement un atout. Le plus important est cette passion, cette volonté, et tout le monde peut les cultiver, les développer et en faire les échelles pour monter au sommet.

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