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ecouter moussa sylla

Comment écouter nous permet d’atteindre nos objectifs ?

Il y a bien des années, je pensais que savoir communiquer était synonyme d’éloquence, de pouvoir prononcer d’excellents discours qui inspirent les gens. Avec le temps, j’ai changé de paradigme : être éloquent est important mais n’est pas le plus important pour être un bon communicant : il faut aussi et surtout savoir écouter. Cela permet également d’atteindre plus facilement nos objectifs.

Depuis la lecture du livre de Dale Carnegie Comment se faire des amis, je sais que les gens aiment parler d’eux, et s’ils trouvent une oreille complaisante, ils s’épancheront. Depuis que j’ai commencé à s’appliquer cela, j’ai remarqué que je suis plus influent. Auparavant, je monopolisais toute la conversation, ne parlais que de moi, de mes centres d’intérêt. Je comprends rétrospectivement pourquoi j’avais si peu d’influence auprès des gens.

Faire étalage de connaissance peut flatter notre égo mais n’est pas le meilleur moyen pour que les gens écoutent ce que nous voulons leur dire. Au début, cela peut être intéressant d’entendre une personne parler de sujets fascinants mais à la fin, la personne finit par ennuyer et n’est plus écoutée. Posons-nous la question : voulons-nous influencer les gens ou flatter notre ego ?

Pour les personnes qui ont choisi la deuxième option, elles peuvent arrêter la lecture de cet article, il ne s’adresse pas à elles. Il vise ces personnes qui veulent influencer positivement les autres, qui veulent leur apporter des choses utiles, les aider à changer de perspective.

Cela commence par les écouter. Si nous n’écoutons pas une personne, comment savoir ce qui la tracasse, ce qu’elle a besoin de changer. On dit qu’une entreprise doit être à l’écoute du marché – quoique pas toujours – pour comprendre ses besoins et pouvoir les satisfaire. Nous aussi, devons procéder pareil.

J’observe des parents qui aiment sincèrement leurs enfants ne pas s’entendre avec eux. En discutant avec les deux parties, je me rends compte que c’est le manque d’écoute qui est à l’origine du problème. Quand deux personnes ne s’écoutent pas, elles ne se comprennent pas : leurs interactions deviennent difficiles parce que chaque partie veut avoir raison. A la longue, elles ne veulent plus se parler, et la communication cesse entre elles.

Comment résoudre le problème ? En arrêtant de présumer et en écoutant. Présumer c’est vouloir être dans la tête d’une personne et penser pour elle. Présumer, c’est penser que nous avons raison et devons dicter à l’autre ce qu’elle doit faire. Au contraire, écouter c’est essayer de comprendre l’autre, essayer de comprendre pourquoi elle agit ainsi.

En écoutant une personne, elle sera plus encline à dire vraiment ce qu’elle pense, et à nous permettre de nous ajuster ou de lui expliquer pourquoi nous avons agi tel que nous avions agi. C’est une attitude de bienveillance qui aide l’autre partie à être plus en confiance pour réellement s’exprimer.

Dans nos interactions avec les autres, nous devons créer cette atmosphère, ce climat de bienveillance et confiance. Quelques attitudes nous aideront grandement à y parvenir.

Rappelons-nous de cette personne qui nous dit toujours ce que nous devons faire, qui nous juge toujours sans comprendre le fondement de nos actions ? Quelle est notre attitude à notre égard, voulons-nous la fréquenter ou la mettons-nous à distance ? Certainement la deuxième option. Evertuons-nous de ne pas être cette personne qui aime juger les gens, qui leur dit ce qu’ils doivent faire ou qui pense pouvoir décider pour eux. C’est une attitude tue-influence.

Au contraire, soyons cette personne qui les aide à trouver leurs propres solutions parce qu’elle les écoute. J’ai remarqué que quand les gens nous parlent d’un problème, ils ont déjà des pistes de solutions mais veulent juste que nous les écoutions pour qu’ils se soulagent. Ils n’ont pas besoin que nous leur disions ce qu’ils doivent faire.

C’est la principale leçon que j’ai apprise du livre de John Gray Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus. Quand une femme parle de son problème à son conjoint, elle ne cherche pas une solution, elle veut juste être écoutée et comprise. Une clé pour améliorer nos relations amoureuses est d’arrêter de dire à notre conjoint ce qu’elle doit faire et de tout simplement l’écouter. Nous observerons qu’avec une telle attitude, nous améliorerons grandement notre vie de couple.

J’expliquais plus haut que savoir communiquer n’est pas synonyme de parler avec éloquence ; savoir communiquer, c’est faire plus preuve d’écoute, d’empathie. Les managers doivent comprendre cela pour accroître la productivité et la motivation de leur équipe. Etre capable d’écouter pour un manager incite ses subordonnés à être transparent, à dévoiler leurs erreurs et ainsi trouver des moyens de s’améliorer.

L’on dit souvent que les chefs d’Etat s’enferment dans leur bulle et ignorent le ressenti de la population une fois qu’ils sont élus. Les subordonnés ne leur montrent que ce qu’ils pensent qu’ils doivent leur montrer (comme Potemkine lors de la visite de la tsarine Catherine 2 en Crimée, avec ses fameux villages qui montraient que la population vivait bien). Ils ne lui montrent la réalité des choses telle qu’elle est vraiment. Finalement, des décisions qui doivent être prises ne le sont pas, augmentant le mécontentement de la population.

Pour éviter cela, il faut créer une ambiance où nos collaborateurs pourront nous dire la vérité sans avoir peur des représailles. C’est une ambiance de confiance où des sanctions ne seront pas prises parce que nous soulevons un problème. Ainsi il pourra être résolu à temps.

Tout cela demande de l’écoute. Je suis toujours très observateur dans les interactions entre un manager et ses collaborateurs : qui monopolise la parole. Je suis d’avis que ça doit être les collaborateurs parce qu’ils connaissent mieux les réalités que le manager. Un manager qui n’écoute pas sera un manager qui échouera, il perd énormément d’informations qui lui auraient permis de prendre de meilleures décisions.

La clé pour améliorer nos relations est d’écouter. J’observe que cette capacité d’écoute est déclinante parce que j’ai l’impression que nous vivons dans un monde où parler est plus important qu’écouter. Je penserai toujours qu’écouter est plus important, car c’est écouter qui nous permettra d’apprendre.

Nous devons nous réapproprier l’écoute, une écoute active où l’on veut comprendre notre interlocuteur, son point de vue. En faisant cela, nous améliorerons grandement la qualité de nos interactions et accroîtrons notre influence. Cela mérite que nous commencions à l’essayer.