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Apprendre à bien s’habiller et ses bénéfices.

Jusqu’à l’université, j’appartenais à la catégorie : « qui dafa modé »[1]. Je portais des sandales, je mettais des vêtements plus grands que ma taille, j’avais des problèmes à assortir les couleurs. Inutile de dire que je n’étais pas pris très au sérieux.

           

A l’université, je rencontrai une personne avec qui je me liai d’amitié. Il était mon opposé, il appartenait à la catégorie : « ki daffa stylé »[2]. Ses vêtements étaient bien coupés, toujours à sa taille. Il ne mettait jamais de baggy, ne faisait pas de « Kriss-kross » et avait toujours une coupe de cheveux impeccable. Les filles aimaient le côtoyer et les gens le prenaient très au sérieux. Partout où il allait, il bénéficiait d’un préjugé favorable. En l’observant, j’arrivai à la conclusion que si je voulais que mon potentiel s’exprime, je devais changer de style vestimentaire.

           

Le style vestimentaire, diront-certains, n’est pas important. Ils étayeront leurs dires en prenant exemple sur certaines personnalités peu connues pour leur beau style vestimentaire mais néanmoins ayant réussi brillamment leur vie. Mais, demandons-nous : quelle est notre position actuelle dans la société ? Si nous pouvons nous en sortir sans bien nous habiller, parfait, zappons cet article.

Si nous sommes monsieur tout le monde, améliorer notre manière de s’habiller nous boostera : nous serons davantage écoutés, nous deviendrons plus séduisants et nous bénéficierons de préjugés favorables au début de nos interactions sociales qu’il nous suffira de confirmer – la confiance en nous-même, la vision, la culture nous permettront facilement de confirmer ces préjugés favorables.

Connaitre notre taille.

           

Observons les hommes dans les rues de Dakar. L’écrasante majorité s’habille trop grand. Normal. La plupart des hommes ne connaissent pas leur taille, n’essaient pas les vêtements qu’ils achètent.

Remédions à cela. Allons chez un tailleur pour prendre notre mesure. Ensuite, faisons l’équivalence (S, M…) – attention, ces tailles diffèrent selon les marques… Aussi, prenons l’habitude d’essayer les vêtements avant de les acheter et s’ils ne nous plaisent pas, demandons au vendeur de nous proposer autre chose.

Moussa Sylla taille juste
Un habit à sa taille donne de l’allure

Acheter de la qualité

           

Il y a cinq ans, j’avais acheté un pull. J’y avais beaucoup investi. Je doutais de mon achat. Cinq ans plus tard, je le porte encore et je pense pouvoir le faire quelques années de plus ; mon investissement est largement rentabilisé.

Moussa Sylla casual

           

La conjoncture est difficile au Sénégal. Mais avec ingéniosité, il est possible de dénicher des vêtements de qualité à petit prix. Les marchés hebdomadaires sont très bien pour se procurer des perles à des prix de pacotilles. Faisons connaissance avec quelques vendeurs de ces marchés et prenons leurs numéros de téléphone. Appelons-les de temps à autre pour vérifier s’ils n’ont pas de nouveaux articles.

J’ai remarqué que beaucoup de mes amis ont peur d’entrer dans les grands magasins, ils les intimident. Il ne faut pas, Il faut oser y entrer. Très souvent, ils font des soldes et il est possible d’y trouver d’excellents articles à prix réduits.

Un vêtement de qualité est de toucher délicat. Il donne de l’allure, dure plus longtemps, permettant ainsi de rentabiliser son investissement.

Soigner les extrémités.

Posons la question à nos sœurs, nos amies : que regarde en général en premier une femme chez un homme dans son style ? Elles nous répondront certainement les chaussures et la coupe de cheveux.

           

Au Sénégal, il est normalement facile d’avoir une belle coupe de cheveux. Les coiffeurs sont légion et ne sont pas chers. Je ne vais pas m’attarder sur cette partie. Allons chez un bon coiffeur et faisons lui confiance ou demandons à une personne avec une belle coupe de cheveux de nous conseiller son coiffeur. (Nous pouvons nous inspirer de ces coupes de cheveux pour hommes noirs  )

           

Personnellement, pour les chaussures, je préfère les richelieus à bouts pointus marrons ou noirs. Bien cirés, ils donnent du charisme à un homme. Ils permettent également d’augmenter notre taille.

Moussa Sylla plage
La ceinture et les chaussures doivent toujours être de la même couleur

           

En casual, je porte des mocassins et parfois des baskets. Cela me permet de m’adapter aux lieux et de varier mon style vestimentaire. La prévisibilité est un tue-amour.

           

Résumé. Nous avons commencé à porter des vêtements à notre taille. Nous achetons la qualité plutôt que la quantité. Nous nous occupons de notre coupe de cheveux et prêtons attention à nos chaussures. C’est bien, en procédant pareil, nous nous distinguerons déjà de l’écrasante majorité des hommes.

Cependant, cela ne suffit pas. Avoir du style est une question d’individualité. Notre choix vestimentaire doit mettre en valeur notre personnalité. Posons-nous la question : à quelle tribu appartenons-nous ? Qu’est-ce qui nous distingue des autres ? (La segmentation psychographique des « mercateurs »)

Wally Seck est un exemple. Son style va avec sa personnalité, il lui donne une grande authenticité et cela lui permet de se distinguer. Qu’on l’aime ou le déteste, il faut reconnaitre que son style est unique et permet de le différencier dans une foule : il ne s’y noie pas par conformisme.

Moussa Sylla boubou
  Je porte toujours un boubou avec un bonnet

                      

Bien s’habiller s’apprend. Personne n’est né stylé. Toutes ces personnes stylées ont tâtonné jusqu’à construire leur propre style. Nous aussi pouvons progressivement y arriver en suivant des étapes simples. Bien s’habiller apporte beaucoup de bénéfices : une plus grande confiance en soi, le sentiment d’être plus écouté et pris au sérieux. Certes, il ne fait pas tout. Nous devrons justifier les préjugés favorables à notre égard en prenant en charge la partie : « j’ai aussi quelque chose dans la tête. Vous me faites confiance, je vais vous prouver que je la mérite. »

 Dans un monde idéal, la beauté serait uniquement intérieure. Mais comme l’écrit Machiavel dans Le Prince (chapitre 15) : « Il y a si loin de la manière dont on vit à celle dont on devrait vivre, qu’en n’étudiant que cette dernière on apprend plutôt à se ruiner qu’à se conserver. »

Si nous vivions dans un monde où tout le monde considère que la beauté est intérieure, nous pourrions être négligent sur notre apparence extérieure. Mais nous ne vivons pas dans un tel monde. Nous ne pouvons rien changer à notre génétique mais nous avons le pouvoir de choisir nos vêtements et si nous les choisissons bien, cela permettra de faire oublier la génétique, aussi en notre défaveur était-elle.


[1] « Il est démodé »

[2] « Il est stylé »

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